dimanche 19 août 2018

Foi


Le déisme ne cessera jamais de se manifester dans le temps, toujours en réaction à des manques d’humanités, des trivialités, des débauches. Mais cette manière qu’il a d’évoluer en réaction à ce vide laissé par la mort de Dieu est fondatrice de beaucoup d’autres choses. Le ressentiment reste le même et peu à peu, les déistes finissent par se rallier à la cause des non croyants. Leur ennemi devient l’élément vital, du moins en apparence, qui « pullule dans les rues ». Cet élément vital qui s’affiche est une provocation non pas à Dieu, mais au ressentiment qu’il suscite et à plus forte raison, au manque d’élément vital chez ceux qui ont en aversion cet élément. La vie s’affiche, mais qu’est-ce que cela signifie ? Personne ne s’y penche, déiste comme incroyants se retranchent dans des fondations qui sont de véritables arrières-mondes, justifiés par divers prétextes. Ces prétextes se contredisent largement parmi ceux qui crachent leur haleine à la face du monde. Cette haleine se répand, et les uns comme les autres fulminent face à une chose catégorisée qui ne signifie rien. Cette chose, avec du recul tout le monde comprend qu’elle est une formation de l’esprit, un crachoir nécessaire au ressentiment.
Parmi les déistes, il y a ceux qui persévèrent dans l’idéal de pureté et ceux qui sont en colère. Ceux qui sont en colère souffrent moins. Car rien n’est moins dur que de supporter ce qui n’est pas conforme à l’idéal de pureté ou au souverain bien. Ceux qui sont en colère crachent et fulminent avec l’accord de Dieu qui est un simple prétexte, et ils se servent de ceux qui souffrent tant pour appuyer leur haine. La foi est invisible, et la plupart des gens y pensent et se confient à cette chose invisible. Seulement la confusion règne parmi les esprits, et Dieu lui-même n’entre plus du tout en compte parmi ce jeu de haine qui s’élabore dans les cités, les sociétés. Chacun a son idée d’un Dieu qui le protège, et tout le monde est plus ou moins jaloux de son Dieu. La foi est quelque chose de très personnelle, et quand il s’agit d’intimité, on ne la partage pas. L’un des malentendus de la religion, c’est qu’elle nécessite un rapport intime à Dieu plus encore qu’une communication. La communication est une affaire plus humaine que divine.

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