Le déisme ne cessera jamais de se manifester dans le temps,
toujours en réaction à des manques d’humanités, des trivialités, des débauches.
Mais cette manière qu’il a d’évoluer en réaction à ce vide laissé par la mort
de Dieu est fondatrice de beaucoup d’autres choses. Le ressentiment reste le
même et peu à peu, les déistes finissent par se rallier à la cause des non
croyants. Leur ennemi devient l’élément vital, du moins en apparence, qui
« pullule dans les rues ». Cet élément vital qui s’affiche est une provocation
non pas à Dieu, mais au ressentiment qu’il suscite et à plus forte raison, au
manque d’élément vital chez ceux qui ont en aversion cet élément. La vie
s’affiche, mais qu’est-ce que cela signifie ? Personne ne s’y penche,
déiste comme incroyants se retranchent dans des fondations qui sont de
véritables arrières-mondes, justifiés par divers prétextes. Ces prétextes se
contredisent largement parmi ceux qui crachent leur haleine à la face du monde.
Cette haleine se répand, et les uns comme les autres fulminent face à une chose
catégorisée qui ne signifie rien. Cette chose, avec du recul tout le monde
comprend qu’elle est une formation de l’esprit, un crachoir nécessaire au
ressentiment.
Parmi les déistes, il y a ceux qui persévèrent dans l’idéal de
pureté et ceux qui sont en colère. Ceux qui sont en colère souffrent moins.
Car rien n’est moins dur que de supporter ce qui n’est pas conforme à l’idéal
de pureté ou au souverain bien. Ceux qui sont en colère crachent et
fulminent avec l’accord de Dieu qui est un simple prétexte,
et ils se servent de ceux qui souffrent tant pour appuyer leur haine. La
foi est invisible, et la plupart des gens y pensent et se confient à
cette chose invisible. Seulement la confusion règne parmi les esprits, et Dieu
lui-même n’entre plus du tout en compte parmi ce jeu de haine qui s’élabore
dans les cités, les sociétés. Chacun a son idée d’un Dieu qui le protège, et
tout le monde est plus ou moins jaloux de son Dieu. La foi est quelque chose de
très personnelle, et quand il s’agit d’intimité, on ne la partage pas. L’un des
malentendus de la religion, c’est qu’elle nécessite un rapport intime à Dieu
plus encore qu’une communication. La communication est une affaire plus humaine
que divine.
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