Mais ces gens là sont l’objet du capital et du
puritanisme. Le puritanisme les entretient, et ils l’entretiennent également.
Le puritanisme est dans son essence la négation des corps, et ces gens là sont
également la négation des corps, mais en quelque sorte de manière inversée. Ils
sont l’impossibilité d’avoir un corps, de vivre un corps. Ils sont dissociés de
leur corps. Leur esprit ne fait pas corps, leur esprit est séparé de ce qu’ils
ne peuvent réaliser : leur propre corps. Ils ne peuvent le faire fusionner
avec ce qu’ils désirent lointainement, ce qu’ils pensent être le désir réalisé
et que le puritanisme leur a interdit. Ils perpétuent en quelque sorte
l’interdit jusqu’au bout, jusqu’à ce que l’interdit leur soit attribué dans la
pleine expression du corps, et que l’impossibilité de le faire interagir avec
quelque chose d’extérieur soit atteint. Voilà la complaisance du
puritanisme : avoir fait des guerriers de la négation du corps.
Le capital, ou par extension l’industrie du
service est un moyen de suppression du corps. Le corps immergé dans le service
n’est plus un corps, puisque le service le remplace. L’un des paradoxes du
monde réduit au service est le culte du corps. Car le corps se venge de n’avoir
plus d’utilité en se surajoutant au réel, en se surexposant. Pourtant ce n’est
plus tout à fait le corps, car il ne fait plus corps avec le monde. Il est
juste un luminaire indiquant sa fin prochaine, son abolition. Il n’est pas ou
plus connecté avec ce qui l’entoure, il est réduit à lui-même, et s’affiche
comme un totem. Il tente de résoudre sa propre énigme : sa disparition
générée par le capital.
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