La génération du baby boom garde son secret pour elle. Elle
n’explique pas à ses propres enfants comment elle a pu accéder à un bonheur
valide. Ce bonheur a été le fruit d’une réflexion et d’une évolution qui est
aujourd’hui bloquée, enrayée, et cette génération sait pertinemment comment
l’obtenir, seulement elle le cache, car elle ne veut pas que ses enfants soient
seuls face au monde, seul face au golem. Ce Golem c’est le capital, et nos
parents ayant perdu la partie, ils cachent leur bonheur à leurs enfants. On
pourrait dire qu’on ne souhaite jamais le meilleur à ses enfants, c’est vrai,
mais on souhaite aussi qu’ils ne se fracassent pas sur la paroi de notre échec.
Et l’échec de nos parents, c’est qu’ils n’ont pas réussi à proposer autre chose
que le capital. Le capital, cette autre forme de secret qui désensibilise, est
la seule chose permise. Ce qui n’est pas permis, c’est le bonheur tel qu’il a
pu être conçu par nos parents jaloux, et peut-être soucieux de notre réussite.
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