Diogène, c’est le dialogue intérieur (je dis bien dialogue et pas monologue), la pensée qui se
fabrique en marchant, puérile, infantile, avec un goût de folie morale qui
la préserve. Aucun des gueux qui s’y réfèrent aujourd’hui n’a véritablement percé
ce mystère. La petitesse et la folie du dialogue sont une persévérance morale.
Ringarde, ridicule, cette folie amène à soi dans les moments d’apathie, elle
est la seule garante du bonheur, du moi qui redouble. L’autosuffisance de cette
manie est calquée sur la nature, sa nature, qui à chaque moment est acceptée,
étudiée, préservée. En accordant à soi toutes les nuances de l’être on acquiert
sa nature entière. Le ridicule n’engage que soi, il aime à s’écarter de la
bien-pensance, du paraître, de la lente dégradation du moi qui n’est pas
écouté. Diogène se préserve, comme un animal qui ne se soucie pas du regard des
autres.
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