mercredi 29 novembre 2017

Diogène


Diogène, c’est le dialogue intérieur (je dis bien dialogue et pas monologue), la pensée qui se fabrique en marchant, puérile, infantile, avec un goût de folie morale qui la préserve. Aucun des gueux qui s’y réfèrent aujourd’hui n’a véritablement percé ce mystère. La petitesse et la folie du dialogue sont une persévérance morale. Ringarde, ridicule, cette folie amène à soi dans les moments d’apathie, elle est la seule garante du bonheur, du moi qui redouble. L’autosuffisance de cette manie est calquée sur la nature, sa nature, qui à chaque moment est acceptée, étudiée, préservée. En accordant à soi toutes les nuances de l’être on acquiert sa nature entière. Le ridicule n’engage que soi, il aime à s’écarter de la bien-pensance, du paraître, de la lente dégradation du moi qui n’est pas écouté. Diogène se préserve, comme un animal qui ne se soucie pas du regard des autres.

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