La longévité est certainement l’alibi du progrès. Tout le
monde, dans l’état actuel des choses, même s’il a à se plaindre, voudrait vivre
plus longtemps, quitte à saborder nombres de principes qui sont bons pour l’homme.
Les philosophes de l’antiquité s’intéressaient à ce qui est bon pour l’homme en
général, et jusqu’ici, ce fait été mis en avant jusqu’à ce que la science et le
progrès atteigne un seuil qui est venu corrompre la vie de l’homme. Notre
longévité, notre rapport à la mort a changé. En quelque sorte, il nous tient en
tutelle, et nous savons que nous portons atteinte à l’homme et la culture, mais
ceci est toujours repoussé par la formule, « jusqu’ici, ça va ». Les
anciens s’intéressaient d’avantage à l’avenir et au passé. Mais aussi, l’homme
du vingt et unième siècle regrette un passé qu’il a connu. Tous à peu près
veulent la même chose, même s’ils s’affrontent. Mais tous savent qu’ils sont
responsables de ce qu’ils regrettent. Ils regrettent le passé, mais ils ont tué
le culte des anciens, le culte de l’histoire.
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