mardi 23 janvier 2018

Weil et Nietzsche


Ce que dit très bien Weil, c’est que la joie est le symptôme de la dépression, qu’elle n’est que le revers et le terrain de la douleur. La joie chrétienne a donc pour parti pris l’inextricable souffrance humaine, la douleur qui est partout et qui ne peut être vaincue. Cette vision du monde, progressivement, atteint toutes les sphères de la vie et de la pensée. Or Nietzsche propose bien au contraire que la joie, ou plutôt l’extase et la psychose, soient certes équivalentes, mais soient orientées vers la vie comme principe de bonheur. A terme, c’est la détresse qui devient le symptôme de la joie, et non l’inverse.

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