Ce que dit très bien Weil, c’est que la joie est le symptôme
de la dépression, qu’elle n’est que le revers et le terrain de la douleur. La
joie chrétienne a donc pour parti pris l’inextricable souffrance humaine, la
douleur qui est partout et qui ne peut être vaincue. Cette vision du monde,
progressivement, atteint toutes les sphères de la vie et de la pensée. Or
Nietzsche propose bien au contraire que la joie, ou plutôt l’extase et la
psychose, soient certes équivalentes, mais soient orientées vers la vie comme
principe de bonheur. A terme, c’est la détresse qui devient le symptôme de la
joie, et non l’inverse.
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