Deleuze prétend déceler la singularité en entrant dans le « différentiel »,
la question perpétuelle, qu’il nomme lui même éminemment virtuelle. Or c’est là
tout l’inverse de la singularité. Celle-ci étant une relation stricte avec le
monde, mais tout en restant humaine, c’est à dire avec les ressources du
multiple. Deleuze en fin de compte, s’enlise dans une pensée plane qu'il
prétend être singulière. La singularité, c’est Baudelaire, c’est Lautréamont,
c’est Corbière ou qui sais-je, c’est une relation altérée d’avec le vrai dans
son ensemble, tout en ayant conscience de son erreur tapie, mais en explorant
le monde avec une pensée forte, et c’est de là que nait l’émotion, la
construction, la création. Le monde ne serait pas ce qu’il est sans la
création, sans l’erreur, et Deleuze n’aurait rien à penser si jamais personne
ne s’était engouffré dans ces voies. Ces voies sont l’histoire et en fin de
compte, l’histoire recèle toute la vérité, l’histoire sous toutes ses formes,
de l’antiquité à nos jours.
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